Biographie
Louis Fretin, un artiste belge
« Il faut entrer dans sa peinture comme dans la mer … avec prudence d’abord et se laisser emporter ensuite . » Anita Nardon , critique d’art
Né à Bruxelles le 10 juin 1935 au sein d’une famille d’artistes, Louis Fretin commence la peinture tardivement , le 10 janvier 1980 exactement .
Autodidacte , il a été formé à l’atelier de Tibor Dengyel , ancien professeur de l’ Académie des Beaux Arts de Budapest en Hongrie .
Sa première exposition a lieu en 1981 à la Galerie d’Egmont à Bruxelles . Elle est saluée avec enthousiasme par l’ensemble de la critique qui souligne « une intuition picturale agissante, de la franchise, de la fraîcheur et de la tendresse dans la vigueur . »
Rapidement , d’autres expositions suivent : au Centre Culturel d’ Auderghem , à la Galerie Van Loo , à « La Fleur en Papier Doré » à Bruxelles … En novembre 1983 , Louis Fretin expose pour la première fois à Paris, à la Galerie Hérouet, dans le quartier du Marais, où il est qualifié d’expressionniste .
A cette occasion , monsieur M. de Sart écrit pour l’ Académie Européenne des Arts/ France
« Expressionnisme ? Impressionnisme ? Mieux , un style inspiré des deux , un figuratif qui transfigure la réalité et la dépasse sans la déformer tel est le style de Louis Fretin . »
Peu à peu son œuvre évolue, les sujets sont réduits à leur limite de figuration, le geste demeure mais la vision change .
Abstrait ? Pas tout à fait . Son travail devient un subtil équilibre entre ces trois courants artistiques .
L’Art du Sabre et du Pinceau : La Pensée Zen
Parallèlement à la peinture , Louis Fretin découvre les arts martiaux . Il s’initie à l’ Aïkido puis au Kendo qu’il pratique en véritable voie d’éveil .
Sa peinture reflète alors son propre cheminement intérieur .
C’est cette dimension là qu’a saisie le critique d’art , monsieur Daniel Van Wiemes lors de l’exposition de 1990 consacrée à Louis Fretin à Saint-Gilles / Bruxelles .
Il écrit « Un samouraï à la Galerie du Parvis »
« Samouraï ? Japon ? Japonais ? Non ! Un belge profondément imprégné de la culture nippone.
Louis Fretin n’est pas seulement un admirateur de la culture japonaise, il la vit d’une manière profonde et sincère. Avec ses tripes d’occidental , il l’a intégrée et en a fait son quotidien . Louis Fretin est un peintre mais il n’est pas seulement cela . Son mode d’expression est resté traditionnel jusqu’à sa rencontre avec le mode de pensée « Zen » . Le choc émotionnel est brutal et visible dans le panorama des œuvres qu’il nous propose .
Il y a un avant et un après . C’est flagrant, plus encore : saisissant !
L’art japonais saisi, compris, interprété et restitué par un européen . Il se dégage de ses œuvres une sérénité, un calme tel qu’il nous amène à nous poser des questions, à nous remettre en question .
Pour nos lointains voisins , l’art pictural est assimilé aux arts martiaux . Chaque mouvement est un moment déterminé et précis dans le temps . Il imprime sa marque sur un support réel ou imaginaire.
Il n’en reste pas moins « la Marque » .
L’art du SABRE et celui du PINCEAU sont similaires dans leur noblesse .
L’artiste Louis Fretin nous le fait comprendre à travers ses œuvres . »
En janvier 1990, Louis Fretin crée les Ateliers Artistiques de Rémont et rédige un Manifeste fondateur pour un mouvement pictural intitulé « La Peinture vivante et de l’instant »
Une Œuvre Abondante et Multidisciplinaire
Durant plus de 30 ans, Louis Fretin a construit une œuvre abondante et variée . En peinture, il a exploré toutes les facettes de cet art , du figuratif à l’abstrait , sur papier , toile de lin, toile de jute , bois … En sculpture , il découpe la tôle noire avec puissance et maîtrise donnant naissance à des œuvres marquantes telles un Coq de métal , à voir au Musée de la Vie Wallonne à Liège , un Taureau ou un Christ en croix . Il réalise également des compositions à thèmes telles que des poupées Homme et Femme O.G.M., des poupées -mannequins en hommage à Yves-Saint-Laurent , ou encore « l’Homme de Gaza » … En poésie, car comme l’écrit le critique d’art monsieur Stéphane Rey « ce costaud est une âme tendre … qui vient de publier un recueil de poèmes où il exprime de façon touchante son besoin effréné de parler, de raconter, d’expliquer , de se sauver »
Un Ancrage Profond en Belgique
Louis Fretin a créé l’essentiel de son œuvre en Belgique .
A Bruxelles d’abord où il peint les quartiers d’Auderghem, les écuries du Rouge-Cloître , les serres de raisins … témoins précieux des années 80 .
A la mer du Nord ensuite, où il croque les ports de pêche, les docks, les bateaux …
En 1985 , il s’installe à Porcheresse-en-Condroz et établit son atelier à la ferme de Rémont .
Il trouve là une source inépuisable d’inspiration : les villages, les fermes, les blés, les coquelicots , la Meuse à Dinant , le monastère de Chevetogne …
C’est là aussi qu’il ouvre « les Ateliers Artistiques de Rémont » aux jeunes et adultes à qui il enseigne la peinture , la poésie, les dessin, …
Parmi les modèles proposés figurent notamment les chiens de race Saint-Hubert et les chèvres chamoisées de ses propres élevages !
En septembre 2000 , Louis Fretin déménage dans la région des Hautes-Fagnes, à Waimes puis à Malmedy, où il parachève son œuvre .
Il s’éteint le 4 juillet 2014 des suites d’un cancer .
La Quête du Beau et de l’Authentique
Tout au long de sa vie, Louis Fretin s’est investi sans relâche dans la quête du beau et de l’authentique . Il aimait l’adage « Une chose qui n’a pas éveillé en toi une beauté ne peut éveiller cette même beauté chez celui qui la contemple . » Il écrivait « la création artistique est une manifestation extérieure d’une vision de beauté intérieure . » Parmi ses poèmes figure celui-ci intitulé VOIR
« Peintre tu es,
peintre tu choisis ;
peintre tu es nu
mais si tu te vêts
peintre , tu n’es plus . »
Louis Fretin n’a jamais cessé d’être peintre … c’était son état d’être !